Réveil à l’aube de nouveau, le soleil pointe très tôt (5h) et Ernest ouvre l’œil. On essaye de dormir jusque 6h environ. De toute façon, il vaut mieux partir tôt.
La veille nous avons appris que l’école n’est pas du tout désaffectée, elle est en cours de rénovation et seules quelques salles sont en état. Du coup, nous sommes lundi matin… des enfants devraient arriver ! Autre info que nous avons eu, c’est le dernier jour d’école de l’année (oui, un lundi!).
Alors que nous sommes entrain de finir le rangement et que Abel et Ernest jouent avec leur petite balle toute dégonflée (trouvée à Kalamata par Ernest), un monsieur vient nous saluer. Il s’agit du professeur de mathématiques et physique de l’école. Il parle anglais. Il nous explique qu’il y a en temps normal 30 élèves dans l’école (comme c’est le dernier jour, tous ne sont pas là). Il nous pose beaucoup de questions sur notre voyage et traduit au gardien de l’école ainsi qu’aux enfants qui sont là. C’est très sympa de pouvoir partager avec lui. Les enfants sont intimidés (les nôtres les premiers !) et restent à l’écart. Nous les laissons entrer en classe (à 7h45) et nous partons ! Sympa de démarrer la matinée ainsi.
Cela se poursuit sur une petite route de campagne, comme la veille, encore plus étroite et sinueuse à travers champs et villages. C’est vraiment très beau et très agréable de rouler sur cette route très calme. Ce n’est pas sans efforts cela dit car c’est très valloné ! Au bout de quelques kms, nous croisons un cycliste (fait toujours aussi rare depuis le 1er jour…). II est mexicain mais habite à Grenoble et arrive de Turquie. Nous discutons quelques minutes puis chacun reprend sa route !
Dans un village un peu plus animé que les autres, je m’arrête pour acheter quelques remontants (c’est à dire biscuits et pâtes) et dans la ville d’après nous trouvons un vendeur de fruits ! On peut faire le plein de denrées fraîches, c’est la pleine saison des nectarines ici donc il faut en profiter !!
On teste aussi pour la première fois une boulangerie macédonienne. Et c’est très réussi ! Mais il faut dire que nous n’en avions pas vraiment croisé avant…
Avant de déjeuner nous avons pour objectif de monter le plus possible dans les montagnes histoire de bien s’avancer sur le dénivelé que nous avons à faire.
Ici, contrairement à la Grèce, nous ne passons pas de 0 à 300/400 m, nous sommes déjà bien en altitude (autour de 500) et montons plus dans les montagnes : 800 m ce soir et plus de 1200 m demain.
Nous atteignons les 750 m d’altitude à l’heure de la pause déjeuner et nous sommes dans un tout petit village avec une géante étendue d’herbe derrière l’église et quelques jeux. Et surtout de l’ombre et une fontaine. Longue pause ce midi pour repartir de plus belle pour les 20 km de l’aprem. Heureusement la chaleur est supportable et il y a même des nuages à l’horizon !
Nous avons croisé une tortue sur notre route ce matin (cela faisait longtemps) et nous voyons tous les jours des cigognes et leurs nids dans les villages.
Nous roulons toujours sur cette route de campagne très sympa et les montagnes s’approchent de plus en plus.
Au bout de 5-6 km nous sommes censés bifurquer mais il ne s’agit pas d’une route mais d’un chemin. Encore plus étroit et accidenté que celui emprunté vendredi. C’est plutôt un sentier de randonnée. Nous sommes censés parcourir 15 km via ce sentier et il est 15h30… Autant dire qu’à 20h on y est encore… si le sentier abouti quelque part ! Le hic est que la seule route alternative s’appelle A3. En gros une autoroute… mais pas interdite aux vélos… On se dit que ça doit passer et qu’il y aura sûrement un bas côté… bref, on tente… Pour rejoindre l’A3 on s’offre une super descente dans la forêt de sapins. On se croirait dans le Jura.
Plus on approche de la jonction de route plus je me demande comment une autoroute peut passer là. On est en plein cœur des montagnes. C’est très étroit… et pour cause… une fois arrivés : un simple stop pour s’insérer sur cette route, qui est en fait une sorte de petite route départementale (1 voie dans chaque sens, et encore) sans aucune circulation !!! Ouf !!! Non seulement c’est très roulant, mais en plus le paysage est très beau et personne ou presque ! Nous aurions eu tort de nous priver !
Par contre plus de villages sur cette partie du parcours et il ne reste plus qu’une ville à traverser… Après ce sera, déjà, la frontière avec la Bulgarie. Du coup pour le bivouac de ce soir, Florian a repéré un monastère dans les hauteurs un peu en retrait de la ville. Nous nous y rendons directement. Effectivement c’est totalement isolé dans la forêt. Une grande étendue d’herbe. Personne à part un gardien et ses deux chèvres. De l’eau… bref l’endroit rêvé pour passer la nuit !
On s’installe après avoir discuté avec le gardien. Il nous observe attentivement. C’est un peu gênant mais bon… ça a l’air de l’intriguer fortement.
On partage notre apéro (chips et cacahuètes) avec lui. Les garçons s’amusent comme des fous car l’espace est immense avec des rochers (comme à Fontainebleau), des chemins qui grimpent dans la roche… bref le paradis pour eux !
Nous dînons et nous couchons tôt! La journée a été fatigante et demain petite difficulté pour passer la frontière. La Macédoine est séparée de la Bulgarie par une chaîne de montagnes et nous devrons passer un col à 1200 m pour passer côté bulgare.
Bonne nuit 😴