Nous quittons Thessalonique tôt ce matin. Nous avons été traumatisés par la chaleur de la veille… À 8h nous sommes dans la rue. Après avoir descendu toutes nos affaires ainsi que les 4 vélos et la carriole du 5ème étage….
A cette heure ci, la chaleur est encore supportable ! Et les rues de l’hyper centre sont plutôt ombragées. Pareil, fort de notre expérience pour l’entrée dans Thessalonique, j’ai cette fois ci tracé un itinéraire alternatif pour passer par le nord et non par l’ouest, contrairement à ce que proposent Komoot et l’EuroVelo 11 qui passent par là.
La sortie de la ville se fait donc de manière beaucoup plus tranquille (il faut dire aussi que nous sommes entrés dans Thessalonique après une journée de 80+ km et à 16h sous un bon gros cagnard… Forcément on était moins indulgent ! Au bout de 10 km et à 9h30 à peine, nous sommes déjà dans la campagne. Changement radical de décor. Ici c’est la campagne, vraiment la campagne comme on l’imagine mais fin août après un été caniculaire… Tout est jaune, très très sec, les blés sont coupés depuis longtemps et les ballots de paille attendent dans les champs. Nous n’empruntons que de la route secondaire (qui dessert les fermes globalement) et notre parcours est ponctué de micro villages très très tranquilles, pour ne pas dire endormis, mais où il y a toujours un petit café sur la place centrale. Nous faisons un stop à 10h après une petite vingtaine de km. Mais bon, tout va bien aujourd’hui, on doit faire une cinquantaine de km. On ne redonne pas dans les 70 km+ cette fois !
Et on repart assez rapidement pour profiter encore un peu de la « fraîcheur - toute relative - de la matinée. On s’arrête donc assez tôt pour le pique nique, pour une fois, et on fait une loooongue pause. Le seul endroit qu’on ait trouvé avec de l’ombre et un peu d’espace est le jardin d’une église orthodoxe. Je m’y installe avec Abel et Ernest (Florian est parti acheté des concombres / tomates avec Virgile). À peine arrivés, le prêtre sort de l’église et il nous donne une grande bouteille d’eau fraîche ! Ce n’est pas de refus. Et un pot de pâte à tartiner artisanal.. un peu plus incongru mais pourquoi pas ! On s’installe. Il vient plusieurs fois nous demander si tout va bien. Après le pique nique on utilisera les toilettes, chez lui du coup, pour Virgile. Au passage sa femme me donne 3 croissants au chocolat et des cerises !! Les cerises ne feront pas long feu. On reste là, dans le jardin jusque 15h passé a attendre que la chaleur baisse. On repart finalement après avoir mouillé nos t-shirt au robinet d’arrosage. Il ne nous reste qu’une quinzaine de km.
Certes il fait chaud je ne vais pas vous dire le contraire, mais cela reste plus supportable qu’en ville la veille. Nous arrivons à Kilkis par un village fantôme où se trouve la gare de Kilkis. Gare qui paraît bien fantôme aussi… Au moment de traverser le passage à niveau, la sonnerie retentit et les barrières se baissent, trop tard Florian est déjà engagé et passe, je reste bloquée avec Abel. Nous qui disions à l’instant
qu’il ne devait plus y avoir de trains depuis longtemps. Toutes les voitures qui arrivent et voient la barrière baissée font demi tour sans attendre… mmmm pas bon signe.
Finalement un homme arrive et désarme le système d’un simple coup de pied dans les rails… les barrières se relèvent… on aura pas vu l’ombre d’un train !
Nous arrivons à Kilkis, ce soir on a notre premier « warmshower » ! Malheureusement nous n’avons pas eu l’occasion avant : 1- il n’y avait quasiment pas de personnes accueillant sur notre parcours (que ce soit en Italie, Albanie ou en Grèce) et 2- souvent intéressant en ville et donc plutôt dans des appartements où c’est un peu compliqué pour nous de débarquer à 5 quand la personne propose de déplier son canap dans son appartement 1 pièce… Pour nous c’est valable seulement si on peut planter la tente. Ce qui n’est pas spécialement « l’esprit » warmshower. J’ai d’autres sites pour ça (camper dans les jardins) mais pareil, très peu d’offres pour l’instant !
Bref ce soir on a un warmshower dans cette région désertique et où on ne croise aucun cycliste et on peu planter la tente. En arrivant à Kilkis, on se demande bien où ce sera car on ne voit pas de maisons… Que des petits immeubles. En attendant, on prend une glace, confiants puisque nous sommes arrivés. Mais en discutant par message je me rends compte que le village où elle habite est à plus de 20 km de Kilkis !!! Okkkk il est 17h30. On a fait plus de 55 km… Comme d’habitude dans ce genre de situation, le plus motivé pour le challenge est Abel ! Il a déjà enfourché son vélo, prêt à pédaler autant qu’il le faudra tant qu’on dort là où on avait prévu de dormir !! On se remet en route aussi… pas trop le choix de toute façon. Et au moins c’est dans la direction de notre étape du lendemain donc on se raccourcit grandement la journée de demain. Par contre on ne pourra pas profiter autant que prévu des derniers kms en Grèce.
il est finalement plutôt agréable de pédaler à cette heure ci et le parcours est sympa. Route secondaire traversant plusieurs villages, vallonné mais globalement en descente. On aperçoit même du vert au loin dans des montagnes ! Après les derniers 6 km sur une chemins de terre ocre très poussiéreux, nous arrivons à destination ! Il est 19h passé, et nous avons fait plus de 77 km un jour de très forte chaleur ! Wouhou!! Encore une sacré étape ! Notre hôte est gentille mais un peu perchée. Elle ne nous parle pas trop. Pas vraiment l’expérience warmshower qu’on attendait mais bon…
il y a un autre cycliste anglais puis un français qui arrivera bien plus tard (on est vraiment dans un désert au niveau touristique ici donc aucune infrastructure). Nous discutons un peu. Antoine, le cycliste français est très sympa !
On plante la tente et on prépare notre dîner car il est déjà tard. L’écriture du carnet avec Abel sera un peu fastidieuse . Il a beaucoup de choses à dire mais il est déjà très tard et il a du mal à se concentrer… et c’est bien normal !
D’ailleurs moi aussi je lutte pour écrire ces lignes !
J’aimerais en dire plus mais là, c’est KO technique ! Mais je pense que l’essentiel y est…
Bonne nuiiiiiit !