Nuit un peu plus calme que la veille mais nous avons hâte de retrouver la tente. Ernest est debout à 6h… Je le renvoie au lit mais bon nous nous levons finalement à 6h30 donc pas tellement plus tard que lui. Nous prenons notre temps avec le rangement et le petit dej et apprécions les produits frais avant de retrouver le pain / confiture les prochains jours. Abel, Ernest et Virgile prennent bien part à l’organisation et ils aident avec plaisir à descendre toutes les affaires par les escaliers (2 étages). Abel descend vaillamment le vélo de son frère. Ernest descend des sacoches. Virgile descend les roues de la ca’iole (comme il dit) et les casques ! Ben il nous reste plus rien à faire … presque ;-) 

La rue est très tranquille et ombragée. On ré-attelle nos vélos tranquillement puis nous partons. Pas beaucoup de circulation pour un lundi matin. Nous avons prévu une étape courte car c’est souvent difficile de combiner sortie de ville (capitale qui plus est) + « grosse » étape surtout par les chaleurs actuelles. Du coup nous avons du temps. On profite encore un peu de Sofia avec un café dans un quartier plus au nord que nous n’avons pas encore expérimenté. Et j’achète des fruits au passage au marché d’à côté. 

Puis nous prenons la route vers la sortie définitive de Sofia. L’ambiance calme et peu mouvementée nous surprend vraiment, dans le bon sens. Est ce lié à la période, les bulgares étant déjà en grandes vacances ?…

Nous n’avons pas de mal à sortir de Sofia, la ville étant moins étendue du nord au sud qu’elle ne l’est d’Est en Ouest et comme nous sommes arrivés par le sud Est, l’entrée dans la ville nous avait paru assez longue. Là c’est vraiment très rapide ! Et très plat. Le sud de Sofia est beaucoup plus montagneux. 

Nous quittons Sofia par une petite route assez tranquille qui se dirige vers des montagnes de basse altitude. Nous avons, comme à l’aller, un beau point de vue sur Sofia. Cette fois la plaine, la ville et derrière l’imposante montagne qui culmine à plus de 2000m avec de la neige encore au sommet.

Notre route continue dans la campagne bien vallonnée. Peu à peu les forêts de sapins apparaissent. Nous traversons quelques villages avec des cigognes dans leurs nids accrochés aux bulbes des églises. Nous devons faire un petit détour lors de notre parcours car l’endroit où nous devrions traverser la voie ferrée est impraticable… Les rails sont hauts et il y a 3 voies à traverser… On ne sait même pas si des trains sont susceptibles de passer. A priori, oui, vu le bon entretien des voies. Nous préférons continuer pour loin pour traverser à un vrai passage à niveau. Très à l’ancienne d’ailleurs avec une maison de passage à niveau, les barrières étant actionnées manuellement par un contrôleur depuis la maison. 

Après plus d’une vingtaine de km (soit quasiment la totalité de l’étape !) nous nous arrêtons 2 minutes à l’ombre d’un arbre pour boire… Ce n’est pas plus de temps qu’il en faut pour une dame d’une soixante d’année de sortir de chez elle nous amener des prunes de son jardin. Elle ne parle pas anglais mais un peu d’italien car sa fille est mariée à un italien. Elle repart en nous saluant. Mais revient une minute plus tard avec un pot de confiture maison et un pot de sauce bulgare : ajvar, maison aussi. Une sorte de sauce tomate aux aubergines et poivrons. Cela promet d’être un régal. 

Nous repartons et la route se fait de plus en plus belle : sinueuse à travers la montagne en surplombant la rivière. Après 4-5 lacets et avoir traversé 3 fois la rivière en différents endroits, nous arrivons au « camping » avant 13h !

Il n’y a personne, même pas de propriétaire… Il s’agit d’une superbe étendue d’herbe au bord de la rivière. L’endroit est très ombragé. 

Mais globalement les températures ont bien baissé et nous avons à peine transpiré aujourd’hui.

Nous pique niquons à l’ombre des arbres. Florian se repose car il n’est pas très en forme aujourd’hui (digestion douteuse d’un plat ou peut être de l’eau bue).

Je joue avec les enfants. C’est rare finalement que nous ayons autant de temps libre avec aucune sollicitation. Ici il n’y a rien à faire à part contempler la rivière et les feuilles danser dans le vent. Du coup on se fait quelques jeux de cartes et un moment lecture. Jusqu’à ce que Ernest, qui ne se sent pas très bien aujourd’hui non plus, vomisse sur le tapis de la tente... Désolée pour ce partage mais bon… Nous n’avons eu aucune maladie ni bobo majeur à déplorer en presque 3 mois… 

Nettoyage général, paracetamol, et sieste pour Ernest ! Virgile s’endort à côté de son frère peu de temps après lui. Abel en profite pour faire ses exercices scolaires au calme. Et demain il écoutera et découvrira les différents messages écrits et vocaux transmis par les copains de sa classe hier soir. C’est toujours très chouette de pouvoir partager avec eux et maintenir le lien pendant le voyage. 

Après cette sieste nécessaire pour Ernest et Virgile, le propriétaire des lieux apparaît enfin (on commençait à croire qu’on ne verrait personne..) : il ne parle pas un mot d’anglais et s’amuse à tout faire via une appli de traduction vocale. Il est très gentil. 

Dans la foulée, un cycliste arrive sur les lieux. Un allemand sur un vélo allongé. Il parle très bien français et nous sympathisons avec lui. Les enfants sont très intrigués par le vélo. Il est parti de Düsseldorf le 13 mai. 

Nous partageons avec lui la sauce bulgare offerte par la dame ce matin. Comme prévu, c’est un délice !!! On se régale vraiment. Et notre ami cycliste apprécie également. Nous ne tardons pas à mettre tout le monde au lit… Les malades ont besoin de repos et si tout le monde se réveille requinqué demain, nous aurons une étape assez physique au programme. 

La nuit devrait être bonne, au calme, sur un bon matelas herbeux. 

Verdict demain! 

Ciao