Il n’a pas plu cette nuit mais c’est très très humide quand on se réveille ce matin. Sinon, on ne pouvait être plus au calme !! Aucun passage dans ce coin à l’écart du village. 

Réveil à 6h30. Nous voulons partir tôt pour profiter d’un après midi tranquille pour Ernest. À peine les yeux ouverts, Ernest est tout excité à l’idée de fêter son anniversaire. Nous chantons et lui offrons ses deux cadeaux : une petite voiture et un personnage playmobil « surprise » (genre pochette où on ne sait pas ce qu’il y a dedans)… comme quoi ils n’ont pas besoin de grand chose car avec ça Ernest est le plus heureux du monde !! 

Ensuite, petit dej de luxe : pâtes froides à la sauce tomate… on ne peut pas faire plus plaisir à Ernest ! Et enfin, il joue à l’aire de jeux pendant que nous rangeons. Vers 8h30, départ ! Ernest pédale, évidemment ! Il a 6 ans maintenant… et étape tout à fait à sa portée qui plus est. Nous sortons du village par une belle côte. Le village suivant est tout aussi désert et à priori pas d’aire de jeux toute neuve en vue (oui, quand on bivouac on passe toujours les 5-10 premiers kms à vérifier qu’il n’y avait pas meilleur spot plus loin si on avait eu le courage de faire 5-10 km de plus. Là ce n’est pas le cas). Depuis hier, tous les villages sont implantés à l’identique : on descend tout en bas au plus proche de la rivière, on arrive au « centre village » et aussi sec ça remonte vers les collines champêtres et ainsi de suite tous les 5-7 km environ… 

Cette fois, nous bifurquons à droite, on continue sur l’itinéraire très alternatif que j’ai tracé. Nous sommes sur une toute petite route secondaire. On croirait une voie verte… Avec les haies qui nous séparent des champs et aucune voiture. La route est clairement laissée à l’abandon… Donc c’est parfois des grosses portions de graviers. À part ça c’est un tracé idéal pour Ernest ! On est vraiment seul… et plus de villages jusqu’à l’arrivée ! 

A un moment Florian frôle Ernest d’un peu trop près, cela a pour effet de le déséquilibrer et il fait une belle chute… Il gagne deux pansements sur le coude et un bon coup de démotivation… Bon j’arrive à le faire remonter en selle et à le tenir vaillant en racontant des histoires. Il reprend confiance finalement et c’est reparti ! Florian et Abel sont loin devant. On les rejoint dans le seul village du parcours, avec de nouveau un belle côte pour sortir du village et cette fois la place principale est en haut et non en bas… Bref Ernest s’en sort très bien sans râler donc c’est bon la chute est oubliée !

Florian s’est arrêté sur la place, beaucoup plus animée que les villages traversés hier. Il y a quelques supérettes / café et nous nous arrêtons avec des bulgares du coin qui nous regardent intrigués et essayent de nous poser des questions. Pas évident de communiquer mais on essaye. La dame de la supérette offre des glaces au garçons (à 11h…) qui ont clairement vécu plusieurs phases de décongélation - recongelation successives mais bon tant pis… Il faudrait que l’on fasse quelques courses car on arrive à cours de nourriture et on ne va rien trouver là où on dort ce soir mais ces supérettes ne proposent rien qui nous semblent cuisinable au réchaud … 

Nous reprenons notre route. Il ne nous reste plus grand chose à parcourir avant d’arriver. Nous entrons dans la forêt, tout en longeant toujours la rivière et, dans une clairière, trouvons une belle auberge qui propose quelques emplacements pour planter la tente. 

Nous sommes accueillis par une Suisse du canton de Neuchâtel (oui oui) qui passe plusieurs semaines avec ses enfants et son mari et aide un peu avec le camping (eux sont en caravane).

L’endroit est vraiment superbe et totalement isolé de tout ! Il est l’heure de déjeuner mais personne ne réclame car ils sont bien trop affairés à jouer tout ce qui se trouve sur le camping (trottinettes, skate et autre objet roulant) en plus on est sur une colline donc ils peuvent descendre à toute berzingue, et remonter, et redescendre. 

On arrive quand même à attirer leur attention, à presque 14h avec un bon plat de pâtes ! Menu choisi par Ernest … Par contre c’est le dernier paquet ! Plus de pain non plus. Il reste juste un peu de riz. 

Normalement on peut dîner dans l’auberge mais ce soir rien n’est moins sûr !!! Ça tombe mal car on comptait vraiment dessus.

L’aprem se passe entre jeux, détente, exploration à la rivière… Le Suisse nous dit qu’il n’y aura pas de dîner possible ce soir. Florian s’apprête à partir au village le plus proche. Finalement si, ce serait possible mais assez tard. 

Bon on accepte quand même.

Effectivement le proprio rentre tard et c’est lui le cuistot. Mais il nous prépare un festin !! 

On ne laisse pas une miette du dîner ! Et surprise, en dessert, les suisses ainsi que les proprios de l’auberge arrivent avec un gâteau et 6 bougies en chantant « joyeux anniversaire » (enfin pour ceux qui savent parler français) à Ernest!! Trop sympa. Et le gâteau est délicieux. La fille des proprios explique à Ernest (en anglais) que la tradition bulgare veut que celui qui a soufflé ses bougies les cassent toutes et les jettent... pour « enterrer » l’année passée et démarrer la nouvelle. Ernest s’exécute, ça le fait bien rire !

Une super soirée d’anniversaire dont nous nous souviendrons longtemps. 

Il est un peu tard, j’avais anticipé en racontant l’histoire avant le dîner… une fois n’est pas coutume ! Donc après ce dîner délicieux, tout le monde au lit ! 

Demain nous ferons route vers le Danube.