Virgile a beaucoup toussé cette nuit et nous n’avons donc pas bien dormi. Et une longue étape nous attend… En général on dort toujours mal avant la difficulté ! Réveil à l’aube : avantage et inconvénient du bivouac. C’est dur de se tirer du matelas mais il vaut mieux commencer à pédaler tôt aujourd’hui… Je fais un petit plouf à 7h du matin… Ça c’est avantage du bivouac qui annule tous les potentiels inconvénients ! L’eau est très bonne. Ça réveille et ça vaut de loin un bon café ! Je suis d’attaque ! À 8h nous levons le camp… Nous nous arrêtons pour un rapide petit dej dans le village de Kalo Nero, un café dans son jus juste derrière l’ancienne gare de la ville… Le patron du café a un certains âge, il est très gentil. Avec nos cafés , il nous apporte une assiette de pastèque en morceaux ! Il ne pouvait pas nous faire plus plaisir. On petit déjeune rapidement et ensuite on prend la route pour de bon.

Ça ne commence pas fort … Une route plutôt sympa et très peu empruntée, large, bien bitumée, tout ce qu’il faut pour bien rouler mais… 1/ ça monte en pente douce pendant 10 km (ça c’est ok) et 2/ un vent chaud, sec et plutôt très fort souffle de face… Nous avançons plus que péniblement… à environ 9-10 km/h max, or nous avons plus de 60 km à faire aujourd’hui… À ce rythme ça va être compliqué !! On ne fait pas de pause ou alors minimaliste, juste pour boire. Ambiance far west avec ce vent chaud, route droite et bitume qui fume et nous traversons des villages désertiques avec insignes de restaurants fermés volants et claquants sous l’effet du vent…

Les deux premières heures de la journée sont difficiles physiquement et moralement.

Première vraie pause a 10h30, et 20 km

parcourus. Il commence à faire très chaud ! Nous quittons cette route pour emprunter des routes de campagne, plus sinueuses. Le vent semble s’être calmé ! Le moral revient. Il y a un petit air des routes que nous avons prises dans les Pouilles. En plus sec et plus chaud. Nous traversons quelques villages minuscules. Nous nous octroyons une pause « fontaine » vers 11h suivie d’une belle descente… On fait le plein de fraîcheur ! Malheureusement le capital fraîcheur s’épuise très vite… Par contre nous avons repris un bon rythme concernant l’avancée de l’étape et vers midi nous avons faire plus de 35 km. Il s’agit maintenant de déjeuner. Le soleil cogne. Pas un brin d’ombre à l’horizon et surtou … nos réserves sont épuisées !! Je n’ai pas eu le courage de faire les courses ce matin (envie d’avancer et de faire un max avant d’avoir trop

chaud) et depuis on n’a pas croisé d’épicerie ou de supérette … Donc, pour la première fois en 1 mois et 3 semaines, nous n’avons rien pour pique niquer ! On pourrait faire les fonds de sacs mais la météo ne nous y pousse pas non plus… On avance et on traverse une ou deux villes assez désertes. On a chaud et on commence à fatiguer… 2 km plus loin on tombe sur une auberge familiale… vide… iIs sortent à 3 pour nous accueillir.

On n’a même pas le temps de descendre de nos vélos qu’ils sont entrain de nous installer, à l’ombre, et de nous servir de l’eau fraîche ! Je crois qu’on a été cerné !!! C’est exactement ce dont on a besoin :) Il y a un jet d’eau qui arrose le jardin, en moins de deux Abel, Ernest et Virgile sont mouillés de la tête aux pieds.

Un couple de belges (flamands) arrive moins de 3 minutes après nous. Eux se sont perdus à cause de leur gps. Ils sont très sympas et sont en Grèce à l’occasion de leurs 50 ans de mariage ! Nous faisons une pause très ressourçante dans cette oasis au milieu du désert. Finalement on a déjà fait presque 40 km et il nous reste un peu plus de 20 km pour l’aprem… Le temps commence à tourner et ça sent l’orage et la pluie.

A priori cette chaleur sèche et très brumeuse est due à des vents de sable venant d’Afrique. Donc on a chaud et le temps n’est pas au beau fixe (on n’a pas vu le ciel bleu depuis jeudi dernier…). Heureusement jusque là nous n’avions que la partie « brume » sans la chaleur donc c’était plutôt pas mal pour nous même si nous avons moins pu apprécier les paysages.

Nos amis belges reprennent le volant, on espère qu’ils retrouveront leur route. Et nous repartons peu après. La pause a été longue. Mais nous traçons sans nous arrêter jusque Kalamata et à 16h à peine nous sommes sur le port avec une glace à la main !

Direction le camping, on tombe d’abord sur un camping abandonné, petit stress… Mais en fait le camping en activité est quelques centaines de mètres plus loin. Ouf! J’enchaîne sur des courses (on va pas faire le

coup du sac de vivres vide à tous les repas!!) puis baignade de fin de journée. Douches, dîner, carnet … la fin de journée est chargée avec une étape déjà très remplie. Demain nous ne bougeons pas ! Cela fait depuis l’Albanie, et notre ascension de la montagne « dukat » que nous ne nous sommes pas arrêtés ! Nous avons, depuis, pédalé tous les jours sans interruption… Tout le monde a besoin de se poser un peu. La ville de Kalamata a l’air sympa, cela fait aussi très longtemps que nous n’étions pas rentrés dans une ville de taille moyenne ! On est un peu déboussolé et on se sent tout bizarre de s’arrêter à un feu rouge.

Au camping nous croisons une autre famille (avec un petit de 1 an), autrichiens, qui voyagent en van. Ils nous informent que demain il y a un énorme marché immanquable qui n’a lieu que le

mercredi. Ça tombe bien !! Comme quoi ça ne sert à rien de programmer trop longtemps à l’avance hahaha.

Nous nous couchons un peu tard ce soir. Contents de notre journée qui finalement est passée sans problème.

Une bonne nuit en perspective, on l’espère en tout cas !