Encore un lever au son du réveil et non celui des enfants ! A 7h cette fois et tout le monde dort profondément… Moi y compris avant que le réveil ne sonne. Je crois que c’est la première fois du voyage où je n’étais pas réveillée avant le réveil (soit naturellement soit par les enfants…) bref ! On essaye d’ouvrir les yeux et de se mettre en marche … Rangement et routine habituelles ! 8h30, on part ! Étape qui semble très similaire à celle de la veille sauf que la longue côte du début monte bien moins haut donc ça devrait se faire plus en douceur. Ernest est tout guilleret et très en forme ce matin, après une nuit de presque 12h. Donc il part bille en tête sur son vélo sans poser de question. Moi je sais que ça attaque direct par la montée mais on verra bien… On longe un tout petit peu la côte pour traverser le village de Milina, encore plus désert à cette heure matinale, mais paysage magnifique. Puis nous montons dans la montagne via une petite route en lacet. Ça monte plutôt en pente douce. Pour nous, quasi aucun effort (notre corps c’est vraiment habitué !), mis à part gérer la chaleur. Ernest monte en tête ! Abel un peu derrière, pas trop motivé ce matin, ou alors il veut laisser son frère briller devant (et aussi étrange que cela puisse paraitre, c’est tout à fait son style)
Ernest discute même dans l’effort : « regarde le paysage, papa tu devrais t’arrêter pour faire une photo » (véridique !). Avec tout ça, nous arrivons à 4 vélos en haut des 11 km de côte presque sans sourciller ! Les deux premiers cafés où l’on veut s’attabler sont fermés. Et tant mieux car en fait le centre village du village de montagne que nous avons atteint et très animé et vaut le détour ! Le café où l’on s’arrête est plein à craquer de gens du coin. Notamment des personnes âgées qui jouent tous à un jeu style backgammon. Cela passionne Ernest !
J’en profite pour acheter les légumes frais pour le pique nique.
Nous nous permettons une longue pause car normalement il ne reste que 20 km, principalement en descente … Puis du plat avec quelques « bosses ».
La descente se fait sur une toute toute petite route très étroite, et descendant assez raide vers la mer. Vue à couper le souffle. Encore une fois Ernest nous épate car il maîtrise la descente sans problème désormais. Pendant la descente Florian lance un « c’est magnifique » et Ernest avec sa voix guillerette et aiguë « ah oui , on pourrait carrément faire une photo ». II est à fond ! On arrive sur une petite crique et un village qu’Abel qualifie de « trop mignon ». Bref la péninsule du Pelion est superbe : verte, vallonnée, belles plages préservées…
Nous pensons achever l’étape en deux coups de pédales, sauf qu’une fois le bord de mer rejoint, les difficultés commencent. C’est un enchaînement d’assez courtes mais très très raides montées puis de descentes toujours aussi raides. Ce genre d’effort est difficile à gérer pour Ernest et nous le comprenons car ce n’est déjà pas facile pour nous qui n’avions pas trop anticipé. Il y avait bien des « bosses » sur le
profil de l’étape mais nous ne les imaginions pas si nombreuses et si raides. Ernest pousse son vélo courageusement et l’abandonne même en haut d’une descente tellement raide qu’il préfère y aller à pied, sans le vélo à pousser. Il faut dire que c’est vraiment raide raide… Moi même j’y vais le pied prêt à freiner et les deux mains en étau sur les freins ! A cela, s’ajoutent deux chiens errants qui s’approchent (heureusement sans aboyer) d’Ernest qui pédale ! Il prend peur et tombe de son vélo. Grosse frayeur pour lui qui a déjà peur des chiens. Heureusement ces deux là n’étaient vraiment pas agressifs.
Bref nous avançons à allure d’escargots pour parcourir les derniers 12 km car les pauses sont nombreuses et il faut gérer le moral des troupes !
Nous arrivons finalement à 13h30 dans un super camping. Pas glorieux pour une étape de 30 km mais Ernest a fait l’étape de bout en bout et a explosé son record de dénivelé. Ce n’était pas une étape facile et il ne s’est pas découragé !
Après ça, tout le monde court vers la belle plage pour plonger dans l’eau et se rafraîchir. Ce qui nous fera un pique nique plus que tardif !
La plage est superbe. Nous y passons une bonne partie de l’après midi. Petit tour au village qui borde la mer et dernière baignade. Nous enclanchons le rituel de soirée assez tôt car tout le monde a besoin de repos.
Nous sommes conquis par le Pelion qui est vraiment une belle région encore très sauvage et peu fréquentée touristiquement.
Ce soir nous avons mis le toit de la tente à la hâte car la pluie menace. Quelques gouttes tombent au moment du coucher.