Pfiou !! Quelle journée…. Difficile de croire que ce matin nous étions en Serbie dans notre petit jardin potager. Il s’en est passé des choses depuis… 

Le réveil à l’aube s’est bien passé. Les enfants se sont plus ou moins réveillés d’eux mêmes en tout cas, en 5 minutes ils étaient habillés et près à jouer au ballon. Florian plie la tente de la manière la plus efficace possible et je prépare un petit dej copieux ce matin avec yoghourts, miel, gaufres maison trouvées par hasard la veille, pain et fruits ! On mange rapidement. Il fait bien frais ce matin et le vent souffle encore même si moins fort que la veille. A 7h pétante, nous sommes prêts à partir !!

Nous avons encore une dizaine de km côté serbe, plutôt cool, à flanc de montagne. Le paysage sur le Danube commence à changer radicalement par rapport aux deux jours précédents et on aperçoit des montagnes. Et devant nous un énorme barrage sur le fleuve qui relie la Serbie d’un côté à la Roumanie de l'autre et qui a l’air d’être un gros générateur d’électricité pour la région. Le pont qui relie les deux pays et permet de traverser le Danube se trouve sur ce barrage. 

Nous prenons encore un bon vent de face même si ça reste pédalable contrairement à la veille. 

A 7h40 nous sommes au poste frontière côté serbe. C’est une frontière beaucoup plus empruntée que celles passées précédemment. Il y a notamment beaucoup de camions. Nous passons sur le côté et après avoir montré nos passeports nous roulons sur le long pont. La vue est incroyable, les montagnes se jetant dans le fleuve tumultueux du côté gauche du bagage avec l’effet du vent. Nous arrivons côté roumain. Fini l’alphabet cyrillique… Nous retrouvons notre bon vieux alphabet latin ! Et une latine par la même occasion puisque le roumain fait partie des 5 langues d’origine latine avec l’italien, l’espagnol, le portugais et le français. 

Bon évidemment nous changeons d’heure mais on c’était déjà mis sur le fuseau roumain psychologiquement ce matin surtout qu’on a un bus ou train à prendre donc il vaut mieux ne pas se tromper d’heure !

Juste après le poste frontière, c’est direct une énorme route nationale. Enfin énorme… elle n’est pas large : une voie dans chaque sens, coincée entre la montagne et le Danube mais énorme par sa circulation très dense, notamment des camions. Pas le choix. On le savait et c’est pour ça qu’on a choisit de suivre le Danube coté serbe et non coté roumain. Mais cette portion est inévitable car c’est le seul endroit pour traverser et si on veut continuer plus au nord on doit emprunter 15 km de cette route, jusque Orsova. Bon on se cale sur le côté au max, mais il n’y a pas toujours de bas côté et on roule sans se retourner et sans s’arrêter. 

À part ça, les paysages sont magnifiques ! Vraiment ! Entre les montagnes qui se jettent dans le Danube et les nombreux affluents qui se jettent dans le fleuve aussi… Mais l’heure n’est pas à la pause photo donc ces paysages ne vivent que dans nos mémoires !! 

Ces 15 km paraissent une éternité ! Mais on arrive enfin sur Orsova en passant d’abord par la gare ferroviaire. Il est 9h30 heure roumaine ! Donc 1h30 après être parti! Et 20 km… Gros record et on est mega mega en avance !! Florian se renseigne sur les trains et a priori celui de 13h38 est ok avec les vélos. Celui de 11h non car bondé. Bon au moins le train peut être une option si le bus ne nous prend pas. 

On continue vers Orsova. L’arrivée sur la ville est très sympa, en bord de Danube et entourée de montagnes. On s’arrête à une aire de jeux à l’entrée de la ville pour faire le point. Il est 10h, il faut qu’on trouve l’arrêt de bus fantôme, qu’on retire des sous roumain (Lei) et qu’on démonte les vélos et défasse toutes les sacoches en attendant le bus. Après un mini temps de jeux on se dirige vers le centre. Il y a une sorte d’office de tourisme mais personne n’est au courant du bus qui part pour Carensebes. Finalement c’est un passant qui nous renseigne. Effectivement c’est impossible à deviner. Pas du tout une gare de bus. Ici comme en Serbie les gens parlent allemand mais pas anglais… Le monsieur, qui va justement prendre ce bus nous dit aussi qu’il s’agit d’un mini bus et non d’un gros autocar… ok donc c’est mort pour nous… On attend quand même le bus pour en avoir le cœur net mais en effet c’est un mini bus genre 20 places et pas de soute ni de coffre. Au moins on ne cherche même pas à négocier… Notre réveil à l’aube n’aura pas servi à grand chose ! Il va nous falloir tenter le train… Sinon ce sera 100 km sur la même route que celle empruntée ce matin. Franchement si on pouvait éviter ça serait bien. Nous avons un peu le moral en berne car nous n’avons aucune garantie pour le train et nous avons un peu l’impression d’avoir perdu notre matinée. 

Du coup il est 11h20 et le train est à 13h38… Il faut retourner en arrière pour aller à la gare ferroviaire. Mais en attendant on zone un peu dans le parc de la ville (très sympa) avec une grande aire de jeux. On a l’impression d’être levé depuis 1000 ans… Je prépare la salade pour pique niquer avant d’aller prendre le train. Nous déjeunons entre deux jeux de ballons et tours de toboggans pour les gars. Eux sont en grand forme, pas de problème ! 

Puis direction la gare. Nous y arrivons tôt et c’est très bien car le train est déjà là !! Super on va pouvoir monter « tranquillement », sachant que c’est genre un vieux (très vieux) corail et qu’il n’y a pas de quai : donc porte très étroite et première marche à 1 m au dessus du sol. C’est une vrai épreuve de force pour monter les 4 vélos, la carriole et les sacoches. Le contrôleur nous confirme qu’il n’y a pas de problème même s’il n’y a aucun emplacement vélo… On met les vélos dans le couloir et dans les compartiments. Personne ou presque ne monte à cette gare. Le train part pile à l’heure. 2h de train pour 90 km à parcourir… On est sur une bonne moyenne. La voie ferrée longe la route que nous aurions dû emprunter et même en train on se fait doubler par bon nombre de camions ahah. Les paysages sont superbes. Ça aurait été super à vélo mais pas avec des camions qui doublent à 100 km/h. Nous ne regrettons pas notre choix. Le train s’arrête dans bon nombre de minuscules gares (tous les 5-10 km environ) avec parfois seulement une maison de gare avec chef de gare qui y vit et qui fait signe au train qu’il peut repartir… Il n’y a jamais de quai. Souvent pas de passage à niveau non plus donc le train s’annonce régulièrement à coup de « tchouck tchouck » bien sonore. Évidement les garçons adorent ! 

Des personnes montent et descendent. Le train n’est jamais plein. Les portes ne se ferment pas si on les laissent ouvertes donc le train roule portes ouvertes…. On ne s’en rend pas compte et a un moment le vélo de Florian glisse vers l’extérieur !!! Il le rattrape juste à temps. Dans les tunnels, il n’y a pas de lumières : ni dans le train ni dans le tunnel. C’est le noir total ! Vraiment !! Pareil, les gars sont fans même si ça leur fait un peu peur… j’avoue que c’est assez déstabilisant. 

Bref un voyage épique, façon « des trains pas comme les autres ». Nous ne descendons pas au terminus (loin de là) mais à un arrêt principal (le seul depuis notre départ) et donc le train reste en gare au moins 10-15 minutes, ce qui nous laisse le temps de descendre toutes nos affaires. Il n’y a toujours pas de quai… et on traverse vers la gare à même les rails (ce qui pour nous est bien plus facile que les nombreux escaliers comme en France ou en Italie).

Bon ben avec tout ça il est déjà 16h…. Donc résumons, levé à 5h30, 25 km de vélo jusque 10h environ (enfin 9h si on oublie le changement d’heure) puis échec bus à 11h, attente jusque 13h, train de 13h38 à 16h… et maintenant encore une quinzaine de km à parcourir… Encore une journée épuisante ! Dans un tout autre style de celle de la veille. 

Nous traversons la ville de Caransebes, sans trop nous arrêter. La ville est assez sympa. Cela change pas mal de la Serbie. Ca se rapproche plutôt de la Bulgarie mais en plus animé. Nous sortons de la ville mais nous ne cherchons pas à bivouaquer ce soir… Pas le courage ! Nous nous dirigeons vers une petite auberge de village pour faire étape ce soir ! On traverse 2-3 jolis villages de montagne. On s’arrête pour acheter des fruits sur le bord de la route et enfin nous arrivons dans le village en question. 

L’auberge est spartiate et il n’y a que 3 lits simples (oui nous sommes 5 mais bon on dort bien dans une tente de 4 avec 4 matelas dont deux totalement dégonflés …) mais pour nous c’est grand luxe. On n’en peut plus et on dormirait n’importe où. On se douche et on se relaxe un peu avant de ressortir car il y a l’air d’y avoir un super resto dans le village au bord d’un étang de pêche. Nous nous y rendons en 3 coups de pédale. Effectivement l’endroit est super sympa, grand jardin, étang et aire de jeux pour les enfants. Nous sommes tout autant affamés que fatigués. On commande tout ce qu’on peut. La carte est en roumain. Cela a beau être une langue latine nous avons du mal à traduire… Avec Florian nous partageons un plat de poissons de rivière grillés (truite, carpe, saumonette,…) avec une délicieuse sauce à l’ail (oui on est bien en Transylvanie… il faut faire gaffe aux vampires ! Vu les quantités d’ail mangées ce soir on ne risque rien !! Ouf!) accompagné de polenta et de pomme de terre (à l’ail bien sûr). Abel, Ernest et Virgile partagent une soupe de poisson (ils dévorent !), puis des ailes de poulet et une bonne partie de notre polenta pour Ernest. Ils s’amusent comme des fous dans le jardin… où trouvent ils encore toute cette énergie (enfin surtout Abel ….) ?

Nous sommes plus que repus, c’était une très bonne adresse et très bonne première expérience culinaire roumaine. On rentre à vélo avec le soleil couchant sur les montagnes. 

Nous installons des matelas par terre pour Abel et Virgile qui se sont désignés volontaires. 

Abel écrit son carnet mais il est tard et il fatigue (quand même !) donc il en racontera plus sur la Roumanie demain. Idem pour les drapeaux … 

Je leur raconte une courte histoire et, dodo pour tout le monde !!! 

Bonne nuit bien méritée.