Quelle journée ! L’impression d’avoir vécu plusieurs journées en une aujourd’hui… et une bonne fatigue (physique) à l’arrivée !
Commençons par la nuit … Nous (Florian et moi) sommes réveillés par de grosses gouttes d’eau… ça tombe pas mal ! Florian se lève à la hâte pour mettre le toit et les enfants ne se rendent compte de rien !
Réveil programmé à 6h15 en vue de la longue journée qui nous attend. Dur dur d’ouvrir les yeux. J’aurais bien fait une grasse mat aujourd’hui aussi (en plus d’hier). Les enfants se réveillent tout seul relativement tôt cette fois ! Ils ont récupéré ! Il nous faut notre 1h30 réglementaire pour tout ranger et petit déjeuner. À 7h40 nous sommes prêts et sur le départ. Nous n’avons pas de temps à perdre, la journée commence par 20 km pour nous rendre à Volos. Nous souhaitons y être bien avant 10h pour prendre un bus :
1- les distances sont très grandes, sans campings et plutôt agricoles donc pas forcément idéales pour bivouaquer.
2- il n’y a pas grand choses à voir, peu de routes secondaires (donc obligés de rouler sur une nationale).
Nous souhaitons donc pendre un bus sur la moitié du parcours environ, entre Volos et Larissa (60 km).
Les 20 km qui nous séparent de Volos se font sur une route un peu fréquentée, en bord de mer. Les montagnes sont magnifiques aux premières lueurs du jour (oui il n’est même pas 8h !). Nous traversons un village de bord de mer très sympa, puis Volos (la station de bus étant de l’autre côté de la ville) qui a l’air d’être une ville très agréable ! Mais pas le temps de flâner ce matin…
A 9h10 nous sommes à la station de bus : pas mal ! La dame au guichet ne veut pas nous vendre de billet, c’est au chauffeur de bus de dire s’il est ok ou pas pour nous prendre, nous et nos vélos ! Et en l’occurrence, le chauffeur ne veut pas. Après moult parlementions, nous sommes bons pour attendre le
bus de 11h, qui est soit disant plus grand mais sans aucune garantie … sachant que celui de 10h est quasi vide !!
Je tente le tout pour le tout en proposant 10€ au chauffeur… il finit par céder ! Et nous chargeons les vélos dans la soute …(il n y a aucun bagage dedans, ce sont des voyageurs à la journée surtout). Il est 9h58 quand je peux enfin acheter les billets !! Et le chauffeur n’acceptera pas les 10€ au final… Nous constatons lors du trajet en bus qui emprunte l’itinéraire que nous aurions dû prendre que nous avons fait le bon choix !! Route nationale passante sans bas côté …
Nous arrivons à 11h à Larissa sous un soleil de plomb… Bon ben c’est parti pour plus de 55km (en plus des 20 de ce matin!)… L’itinéraire proposé par l’appli nous fait prendre le prolongement de la
nationale qui nous a mené à Larissa, j’ai repéré une autre route, secondaire, un peu plus de km mais plus tranquille. Effectivement, super calme, serpentant à travers la campagne et sacrément isolée. Il fait très chaud ! La route rétrécit de plus en plus, devient de la piste (comme souvent) puis un chemin de cailloux (comme souvent aussi) puis … plus de chemin du tout !!! La végétation a repris ses droit ici ! On essaye quand même. Obligés de pousser les vélos dans les ronces, les arbustes desséchés, les hautes herbes… Mais nous perdrions vraiment trop de temps à faire demi tour … Nous n’avons fait qu’une dizaine de km et il est 12h30. Encore 45 km nous attendent ! Alors on pousse en espérant que :
1- personne ne crève
2- le « chemin » aboutisse bien quelque part …
Sans ordre de priorité entre les deux … Enfin si je préfère encore crever une roue plutôt que le chemin ne mène nulle part ! On ne pourrait même pas faire demi tour, la végétation est trop dense !
Nous marchons ainsi une bonne demi heure. Plus on avance moins cela ressemble à un chemin… On sue à grosses gouttes sous le cagnard. Et enfin… une piste au bout de notre trace dans les herbes hautes !! Ouf !! On enfourche nos montures et on se remet à pédaler ! Ça serait bien d’avoir fait au moins 20 km avant de s’arrêter déjeuner. On trace sur de la piste à travers champs. Depuis Larissa, c’est très très sec et agricole. Les montagnes autour sont toutes pelées. Le jaune prédomine et cela change du vert de la péninsule du Pelion. Nous retrouvons les champs de pastèque (comme dans le Péloponnèse) et pouvons observer la récolte qui a l’air sacrément physique ! 4-5 hommes qui s’envoient des pastèques à bout de bras et les empilent dans des camions. Il y a aussi des champs d’abricotiers et d’amandiers.
Nous traversons un village qui paraît abandonné. Abel me dit avoir vu un oiseau avec un long bec. Je pense à un héron. Je me retourne, en fait ce sont des dizaines de cigognes qui ont élu domicile dans ce village. Il y a plusieurs dizaines de nid sur les toits en ruines et les poteaux électriques. Et dans chaque nids 3 à 4 cigogneaux !! Incroyable !! Nous nous arrêtons pour admirer le spectacle et écouter le claquement des becs.
Nous repartons, encore 4-5 km avec un vent chaud qui commence à souffler. Nous approchons d’un village et aux abord de celui-ci nous trouvons une place très ombragée avec bancs et fontaine !! On a déjà tous la tête sous l’eau avant de sortir le pique nique à 13h30 bien tapé. L’endroit est vraiment idéal pour une pause. Au moment de repartir, un Monsieur vient discuter avec nous et nous offrir une bouteille de jus de fruit fraîche ! Nous sommes au paradis. Il nous dit qu’il voulait nous donner une pastèque, on lui dit qu’effectivement on en a vu des pleins camions et le ramassage ! Il Nous explique «ah oui, ramasser des pastèques c’est notre premier petit boulot à tous ici ! C’est pour ça qu’on est baraqué haha »
Nous repartons vers 15h. Reste du parcours absolument plat donc on pense tracer bien vite. C’est sans compter sur un vent chaud soufflant fort et de face ! On est scotché au sol ! C’est très très pénible physiquement et usant pour le moral. Je ne sais même pas comment Abel fait pour tenir car après 10 km je suis à bout. La route est plate, sans intérêt et il fait très chaud. On pensait faire du 20-25 km/h et on est très très péniblement à 13 km/h !! C’est déprimant !
Après plus de 15 km (plus d’une heure) de cet enfer brûlant, nous arrivons sur une route sinuant à travers des gorges ! C’est tout d’un coup beaucoup
plus vert et à l’abris du vent ! Ouf ! On a toujours un peu chaud. Un agent de la circulation (genre camionnette jaune sanef) nous interpelle alors que nous sommes entrain de boire un peu d’eau. Il est inquiet car il pense que la route est trop dangereuse pour nous ! S’il savait .. on lui dit qu’on arrive de France… La route en question est une route genre départementale mais très calme, une voiture toute les 5-10 minutes ! On a vu bien bien pire ! C’est même plutôt agréable de rouler sur cette portion de route. Mais il décide de nous « escorter » ! Perso je trouve ça plus dangereux qu’autres choses : ça me met la pression de l’avoir derrière nous donc j’essaye de rouler « vite ». Et cela crée une file de voitures stressées et énervées de devoir rouler au pas ! Heureusement cela ne dure pas longtemps car nous devions justement bifurquer vers les champs juste après avoir passé ces gorges (où il
n’y avait qu’une route possible).
Nous voilà donc de nouveau à travers champs pour les 16 derniers km. Ce sont plutôt des arbres à kiwi cette fois !
Et plus de vent, une belle route, pas trop de passage ! On roule vite !!! Lueur du jour qui baisse (et oui il se fait tard !) on se croirait dans la campagne française une fin d’après midi d’août… Tout va pour le mieux jusqu’à ce que… bim, crevaison pour Abel ! Est ce lié au chemin épineux de ce midi ? Peut être …
Réparation rapide et c’est reparti ! On tape des pointes avec Ernest accroché à mon vélo !
A 18h15 et après plus de 77 km de vélo, nous sommes arrivés ! Exténués il faut bien l’avouer ! Et nous avons passé les 2500 km ! Youhou !!
On roule à toute vitesse vers la mer, les maillots sont enfilés en pédalant façon dessin animé et on plonge de nos selles directement dans l’eau ! Vous avez le tableau ? Psssschhhhhh (le bruit de nos corps brûlants dans l’eau froide…)… toujours façon manga dessin animé ! Désolé je suis fatiguée et je pars en vrille !
On remonte à notre emplacement, installation de la tente, douches, dîner, histoire, dodo … on enchaîne mais forcément le coucher se fait un peu tardivement aujourd’hui.
J’espère ne rien avoir oublié de cette journée pas facile mais trépidante !
Bisous à tous