Nous avons bien fait de mettre le toit … Il a plu une bonne partie de la nuit. Rien de très violent mais des gouttes régulières jusqu’au matin… Entre les petites averses intermittentes et l’étape du jour que nous imaginons monotone, nous ne sommes pas bien efficaces pour nous préparer … Nous quittons le camping vers 9h15. Quelques km de route de campagne pour se mettre en jambe, puis ce seront 25 km de “grande” route… Heureusement, en Grèce, rien à voir avec l’Italie ou l’Albanie, les routes sont particulièrement peu fréquentées donc nous sommes tranquilles et en plus nous sommes dimanche … Donc finalement, une route bien carrossée, pour nous tout seul et qui fait passer le dénivelé en pente douce. Ce n’est pas très excitant mais au moins, on avance. Nous avons quitté la côte pour prendre la direction de Sparte, dans les terres. En fait, ce n’est pas loin de Kalamata mais séparée de cette dernière par une chaîne de montagne culminant à 2000 m d’altitude et dont le col le plus bas est à 1450 m…
Apres avoir ingurgité nos km de route départementale, nous bifurquons via une petite route. Changement radical ! Toute petite route qui devient vite un chemin de cailloux et roches limite praticable.
On traverse un grand hameau (une trentaine de maisons à peine), avec une petite aire de jeux désaffectée où on décide de s’arrêter pour pique niquer. Je coupe tomates et concombres pour notre salade, quand une habitante du village arrive avec un grand plat recouvert de papier aluminium ainsi qu’un grand sac… Sous le papier aluminium : un énorme plat de frites maison et de boulettes de viande (maison aussi). Dans le sac : du fromage fermier type feta (pas une ou deux tranches, mais bien le fromage entier), du pain au levain, une bouteille de coca, une grande bouteille d’eau fraîche. 2 petites bouteilles de jus, des pailles, des serviettes …. La dame ne parle pas anglais mais on comprend bien qu’elle est venu nous offrir tout ça ! Une autre dame arrive avec un sac rempli de dessert au chocolat. D’autres femmes sortent sur leur palier pour prendre part à l’animation générale. Personne ne parle vraiment anglais et on essaye de communiquer tant bien que mal. Ils sont subjugués par notre parcours et cherchent à comprendre où est notre voiture haha. Ensuite tout le monde rentre chez lui et on se retrouve avec un repas digne de ce qu’on aurait mangé au restaurant ! Les frites sont juste dingues !! On ajoute la feta à notre salade concombre tomate.
Apres ça on a le ventre qui va exploser ! Et on n’en revient toujours pas de tant de gentillesse. La situation est vraiment improbable mais bien réelle !
Nous déposons le plat à la dame et la remercions encore une fois mais cela paraît bien peu après tout ce qu’elle nous a offert… Nous n’avons rien à offrir en échange…
Nous reprenons la route sur les chemins de cailloux et je peine avec mon ventre trop plein ! Après 20 km de grande route, nous avons droit à 20 km de chemin. Hyper sympa mais c’est long aussi car nous avançons à faible allure sur ce genre de terrain … A peine 7-8 km/h et encore s’il n’y a pas de côtes ou de descentes. Et c’est assez fatigant physiquement. Le ciel est menaçant de touts parts. D’ailleurs nous avons eu quelques gouttes pendant le déjeuner et les enfants se sont abrités sous le toboggan de l’aire de jeux. Pour l’instant pas de pluie en pédalant mais vu les nuages cela va nous tomber dessus à un moment ou à un autre. A notre gauche la chaîne de montagne qui sépare Kalamata de Sparte, c’est vraiment très haut et très majestueux. À droite des collines assez hautes aussi, plantées d’oliviers principalement.
L’étape est bien moins monotone que nous l’avions imaginée et les paysages sont vraiment beaux et différents de ce que nous avons vu en longeant la côte. Le Péloponnèse est une très belle et vaste région. Nous sommes totalement seuls sur cette partie de l’étape et on se sent très isolés.
Comme prévu, on se prend une petite saucée en fin de parcours. Nous retrouvons une petite route bitumée en arrivant sur Sparte. Et quasi immédiatement, le camping. Après 5 nuits dans des campings de bord de mer plutôt très fréquentés (2 nuits à Kalamata, 1 nuit à Stoupa et 2 à Gytheio) nous retrouvons le plaisir des campings simples et déserts, celui ci dans sa version extrême ! Vraiment personne et camping très très désuet! Mais ça nous va parfaitement bien. Il est assez tôt nous avons le temps de nous poser (où l’on veut, puisque nous sommes seuls…) et de travailler un peu pour Abel et Ernest. Demain, un réveil matinal nous attend pour tenter de prendre le bus de 8h30 !