Et voilà… j’aurais dû parier gros… Évidemment ce matin quand le réveil sonne à 6h30, tout le monde dort profondément !! Aaaaaah il n’y a rien de plus énervant ! D’autant plus que j’ai très mal dormi (et oui, moi aussi je dors mieux dans la tente) donc j’avoue que je ne gère pas bien cette frustration intense ce matin 😬. Mais bon, pas de temps à perdre pour ruminer, Florian et moi entamons le rangement pendant que les enfants dorment. Ils se réveillent finalement mais on peut facilement imaginer qu’ils auraient pu dormir plus… Dernier petit dej assis à table ! Puis les enfants reprennent à cœur leur mission de déménagement des sacoches et des vélos enfants.
Ah oui, dans ce super appart, il y avait même une cour intérieure, grand luxe, dans laquelle Florian avait stocké les 4 vélos le premier jour. Malheureusement, une fois rentrés le soir, il y avait un mot indiquant que si nous ne retirions pas nos vélos, ils seraient enlevés par une entreprise spécialisée ! Sympa !! Donc Florian avait monté les vélos, mais heureusement, l’immeuble est équipé du plus grand ascenseur que nous n’ayons jamais eu !! Donc tous les vélos ont pu être montés puis descendus via l’ascenseur.
Bref, en 30 minutes, tout notre bazar est sorti sur le trottoir, il n’y a plus qu’à tout remettre sur les vélos et on est bon. Direction le centre pour déposer les clés de l’appart, puis la gare.
Juste avant la gare nous prenons le temps de boire un café / jus. Puis nous entrons dans un énorme centre commercial qu’il faut traverser (avec nos vélos) avant d’accéder à la gare.
Florian a acheté les billets l’avant veille et le train que nous voulions était plein. Nous en prenons donc un équivalent mais devrons descendre un arrêt plus tôt. Ce qui va nous allonger nos dernières étapes jusque Gdansk.
Il a pu réserver 4 places vélos donc nous sommes sereins même si cela n’enlève pas le fait que c’est toujours fastidieux de tout charger dans le train.
Nous avons beaucoup d’avance et nous attendons non loin des panneaux d’affichage que notre train soit annoncé. Pendant ce temps, je vais dans un magasin de chaussures juste à côté où j’avais repéré que je pourrais trouver des tongs pour Virgile. En effet, les siennes ont rendu l’âme quelques jours plus tôt. Il y a avait déjà eu une première réparation mais une 2ème partie de la tong a lâché, non réparable cette fois… Bon elles auront bien vécu car elles appartenaient à Abel avant.
Bref, c’est le drame depuis 3 jours pour Virgile qui adore porter ses tongs, et chance, je trouve bien des tongs havaianas dans le magasin en question ! Virgile a droit à des tongs neuves et à lui. C’est un peu son anniversaire une deuxième fois !!
Avec tout ça, le train est affiché et déjà à quai (1/2 h avant le départ), il est donc temps de monter les vélos, un à un, via un ascenseur moins profond que celui de l’immeuble haha. Puis encore les sacoches et la carriole. Et enfin monter tout cela dans le train. Le wagon vélo n’est pas bien grand, 3 espaces vélo d’un côté, 3 espaces de l’autre, mais c’est déjà très bien. Nous calons donc nos 4 vélos et nos sacoches dans les espaces bagages. 5 minutes avant le départ du train, tout est chargé. Par contre nous n’avons pas de places côte à côte. Je suis à l’opposé du wagon avec Ernest et Abel, Florian et Virgile sont à l’avant. Je suis tellement fatiguée que je m’endors peu de temps après le départ du train. Ernest également ! Alors que lui a plutôt passé une bonne nuit… Nous dormons 1h30, jusqu’au premier arrêt du train en gare qui nous réveille.
Nous rejoignons nos 3 compères et, comme beaucoup de monde descend à cette gare, nous réussissons à récupérer deux sièges plus proche d’eux. A priori l’un d’eux devait être occupé par une dame mais elle nous explique (en polonais) qu’on peut s’asseoir là.
Je prépare le pique-nique. Pas très pratique car il n’y a pas de « carré de 4 » avec tablette au milieu, ni de tablette à nos sièges, ni d’espace bar ou autres avec tables. Donc je fais avec les moyens du bord. Le train avance à allure d’escargot donc nous en avons encore pour un bon moment.
Après ce pique nique sur un bout de siège, Virgile s’endort pour la sieste (debout, la tête sur le siège…). Abel et Ernest regardent le paysage et au bout d’un moment je leur fais écouter « les odyssées », Florian dort.
Nous traversons bon nombre de forêts, Abel aperçoit même un chevreuil. La région a l’air beaucoup plus plate que ce que nous avons traversé au sud de la Pologne.
Florian se réveille au doux son d’un petit chariot ambulant poussé par un personnel de la compagnie de train. Il retrouve sa lucidité en 1/2 seconde et commande un café noir.
Virgile est entrain de faire sa meilleure sieste !
Nous nous faisons déloger de nos deux sièges côte a côte pas une dame qui a ce numéro de place… J’ai la flemme de retourner de l’autre côté du wagon donc je reste debout pour le reste du trajet. Moins d’une heure.
Le train est plein comme un œuf !!
Rien à voir avec notre trajet en Roumanie. Et ici il y a intérêt à avoir bien réservé les espaces vélos car le contrôleur ne laisse rien passer !!!
10-15 minutes avant d’arriver, nous commençons à organiser notre débarquement ! Rangement des affaires, disposition des sacoches prêtes à être descendues, vélos enlevés des crochets… nous sommes prêts ! Le train arrive, nous déchargeons les sacoches en faisant une chaîne, puis les vélos et Florian va chercher son vélo de l’autre côté du wagon.
En 3 minutes c’est réglé. L’arrêt dans cette gare est de 6 minutes : large !
La bonne nouvelle c’est que nous sommes arrivés sur le quai qui est du côté de la sortie.
Nous n’avons pas besoin de passer sous les rails avec des ascenseurs, ou pire par des escaliers.
Un trajet de plus de 5h pour environ 370 km parcourus… Cela nous évite une bonne semaine de vélo. Mais c’est toujours assez frustrant de voir l’étape en train sur notre carte, et nos étapes à vélo qui paraissent minuscules… Nous aurions préféré tout faire à vélo mais, pour une fois (la seule fois du voyage), nous avons réellement un impératif : il y a quelques temps maintenant, nous avons réservé un ferry de Gdansk (nord de la Pologne) à Karlskrona (Suède). Nous devons être au port de Gdynia le 31 juillet sinon nous loupons le ferry. Et nous avons rdv, en Suède, avec deux compagnons d’aventures dont je garderai l’anonymat pour l’instant.
Quand nous avons réservé les billets de ferry, nous savions que nous n’aurions pas le temps de traverser toute la Pologne. Nous avions même envisagé initialement de prendre le train de Cracovie à Gdansk et donc de traverser quasiment tout en train. Finalement, nous avons été plus vite que prévu, et nous pouvons donc parcourir le nord de la Pologne en vélo.
Nous sommes descendus du train à Poznan, il nous reste environ 300 km pour rallier le port de Gdynia.
Il est 16h quand nous sommes prêts à partir de la gare de Poznan.
Au delà de la frustration des km parcourus très rapidement par rapport au rythme habituel de nos étapes, j’ai aussi la sensation d’avoir été enfermée toute la journée et ça me donne le tournis ! Il va falloir se réhabituer à la vie sédentaire et la vie « en intérieur »…
En tout cas, après plus de 5h de train, cela fait un bien fou d’appuyer sur les pédales.
Nous commençons donc notre étape, courte certes, à 16h, il fait encore très bon à cette heure ci.
Nous traversons la ville de Poznan en la contournant par le sud. Nous avons très vite l’impression d’avoir été télétransportés aux États Unis ! La ville est bien plus grande que nous l’aurions imaginé, des larges pistes cyclables sont aménagées partout, nous croisons plusieurs grands campus universitaire, à l’américaine, et beaucoup de gens empruntent les pistes cyclables en vue de performances sportives avec des vélos rutilants, des équipements derniers cris… etc… enfin, nous longeons, en sortant de la ville, une grande étendue d’eau, encore une fois, chiquement aménagée : des gradins, des postes d’observation, des hauts parleurs, des grandes lignes d’eau et des restos / bars autour pour regarder les compétitions. D’ailleurs au moment où nous passons, il y a une compétition de canoës.
Bref, ambiance incroyable et inattendue !
Après ce passage très « Amérique du Nord » nous entrons dans la forêt. Et nous ne reverrons plus la route jusqu’à notre arrivée au camping ! Soit 15 bons kilomètres.
Le chemins dans la forêt est très sympa, il fait plus frais du coup. Petite déconvenue quand il faut traverser sous une voie ferrée puis rejoindre le chemin en hauteur en empruntant des escaliers… seule possibilité qui s’offre à nous ! On s’en sort sans avoir à défaire tout le chargement. Ouf!! Puis nous continuons longuement dans la forêt, en longeant une étendue d’eau / zone marécageuse. C’est hyper nature et très beau. Nous ne croisons personne. Nous apercevons un pivert avec Abel, puis un cygne avec ses sept cygneaux.
Après ce long passage en forêt, nous rejoignons une zone habitée, mais là encore... Pas de route… sans transition avec Poznan !! Ici il n’y a pas de routes, même au cœur des villages ! Nous avançons donc sur de la piste, tantôt de sable (quelle horreur!!), tantôt de « tôle ondulée » qui vibre dans les bras… pas top non plus … l’étape est courte mais il est tard, nous sommes fatigués (surtout moi) et le terrain n’est pas favorable. Cependant, c’est très beau, hyper calme et nous sommes au milieu de nulle part. Nous ne sommes plus du tout sur le même environnement que dans la partie sud de la Pologne. C’est beaucoup plus plat aussi.
Nous arrivons finalement à bon port, vers 18h30 ! L’endroit est hyper sympa, en pleine nature, avec de la belle herbe moelleuse et presque personne.
Je lance direct le dîner, pendant que Florian monte la tente. Pas de douches pour les enfants, dîner, pyjama, histoire et dodo ! Je vais les suivre dans pas longtemps.
Nous avons du pain sur la planche pour les jours à venir si nous voulons tenir notre timing.
Une journée bien remplie ! Nous avons toujours l’impression de vivre plusieurs journées en une les jours où nous prenons le train !! C’est une épreuve sportive à part entière aussi…
Ce soir, repos sous la tente avec une nuit qui promet d’être fraîche !
Bisous à tous