La nuit a été compliqué pour moi. Il a fait super froid (on est dans les montagnes…) et depuis longtemps Ernest m’a piqué mon bon duvet chaud et donc j’ai un duvet tout fin vu que je suis là non frileuse de la famille… Mais là j’ai froid !! Je sors de la tente à minuit pour aller chercher mes sous couches en mérinos que j’ai bêtement laissées dans mes sacoches. Moi qui ai eu la flemme de ressortir à 21h pour prendre les carnets je suis servie... Au moins j’admire la pleine lune. Je dors difficilement jusque 5h du mat et j’entends au loin, très loin le muezzin que je n’aurais cette fois pas entendu si je n’avais pas déjà été réveillée ! 

Le levé à 7h ce matin fait mal!! On voudrait être parti à 9h pour entamer la longue journée. Même si finalement nous avons réfléchi pendant la nuit (une fois de plus!) et on fait un refus d’obstacles : si possible, nous prendrons une camionnette / taxi pour monter jusqu’à Chefchaouen. La perspective d’une 2eme partie de journée, 2 fois plus exigeante que la matinée qui nous attend, en plein soleil et sur une route sûrement beaucoup plus fréquentée nous déprimait pas mal. C’est les vacances après  tout. Nous sommes tous par mal fatigués par les 4 étapes montagneuses que nous a réservé le Maroc jusque là. On se dit que s’il y a bien un pays où il est possible de monter dans un véhicule avec 4 vélo, une carriole, 10 sacoches et 5 passagers , c’est bien celui-ci. Nous verrons si nos à priori positifs se vérifient  !!!

Nous avançons vraiment comme des escargots en kilomètres mais on cumule déjà pas mal de mètres en dénivelés ! On déplace des montagnes… ou presque.

Nous commençons à ranger pendant que les enfants lisent. Et je sors préparer le petit déjeuner. La lumière du matin est magnifique. Mais il fait super froid car le soleil est encore caché par les montagnes. Tout le monde s’habille plus chaudement que les jours précédents et il faudra enlever des couches après. Tout est déjà presque rangé au moment du petit dej. Nous n’avons plus grand chose à manger. Ce sera pain pita avec le reste de confiture et de pâte à tartiner pour les enfants et pain pita avec vache qui rit pour nous. Et un café pour Florian. Je vais faire la vaisselle et ranger le petit dej pendant que Florian plie la tente. 

9h15 nous partons du camping puis 9h30-35 on se met vraiment en route après avoir chargé l’itinéraire, ajusté les couches de vêtements, etc… et c’est parti en côte direct, à froid! Mais à cette heure ci tout roule plus facile. À l’ombre il fait bien frais.

On serpente à travers la montagne. Les paysages sont époustouflants. On croise une petite camionnette café sur le bord de la route.

Sinon nous sommes plutôt seuls ! 

Une petite meute de chiens errants (5 chiens) aboient de manière virulente sur Abel et Ernest mais ils savent qu’ils doivent pédaler sans s’arrêter. D’habitude je suis devant mais là j’ai été retardée par ma chaîne qui a déraillée.

Finalement les chiens se calment rapidement. Jusque là tous les chiens errants (pas bcp, bcp moins que les chats en tout cas!) qu’on a vus sont très cools, plutôt du genre amorphe sur le bord de la route. Rien à voir avec la Grèce ou la Roumanie. 

Nous continuons la route qui monte toujours plus, et après 3 beaux lacets, mais pas encore en haut, on croise le café rueda. Une auberge de randonneurs. Nous nous arrêtons pour une pause thé et pain confiture. Ernest se prend 2 œufs au plat. Nous repartons à 11h30 et terminons l’ascension en peu de temps. 

Nous profitons de la descente avec une petite pause pour remettre les vestes. 

Au moment de repartir Abel me demande l’heure, je lui répond qu’il est midi passé, et Ernest : ”hein ? Et on n’a toujours pas mangé ??” (Le gars qui s’est fait 2 œufs au plat à 11h30….).

Nous continuons pendant une dizaine de km à travers les collines, l’altitude autour de nous baisse peu à peu à mesure que nous nous éloignons du parc national. Et cela me fait toujours le même effet: déjà nostalgique de quitter l’écrin de nature dans lequel nous étions. On sent deja l’effervescence de la ville au plus nous approchons de la route nationale qui mène à Chefchaouen. 

Sans parler de la montagne qui nous attend. Même si on garde notre plan de ce matin en tête. Nous arrivons Abel Ernest et moi au croisement de notre route et de la nationale. Le point d’atterrissage que l’on s’est fixé. On regarde ce qu’on va acheter à l’échoppe du rond point en attendant Florian (nous n’avons plus rien pour le petit dej).

Florian arrive 10 minutes après. Nous avons prévu de manger là en gérant l’option transport en parallèle. Il est déjà bien plus que midi haha voire même presque 13h mais finalement nous décidons de nous concentrer sur le transport. Le sujet se règle en moins de temps qu’il ne nous faut pour acheter un pot de confiture à l’échoppe !!! On sort de là , il y a déjà un pick up près à prendre les vélos … on charge tout en 5 minutes même pas et c’est parti!!! Franchement beaucoup beaucoup trop facile. Abel et moi avons l’impression de tricher. Mais quand on voit la route, la côte et le temps que l’on met, même en voiture, finalement on ne regrette pas. Nous arrivons au camping vers 13h30. Et quand même bien fatigués par notre demi étape (pas si demi que ça). Florian est quand même bien malade en plus de ça… 

Le camping ressemble plus à un camping que les 2 derniers mais c’est beaucoup moins nature et il y a beaucoup de camping car. Clairement moins notre truc que les deux précédents mais c’est le lot d’être proche d’un lieu touristique.

Nous plantons la tente et décidons de nous poser et donc pique niquer ici pour se reposer avant d’aller visiter la ville en fin d’aprèm. Je pars donc en quête de quelques trucs à manger et de pain car nous n’avons plus rien. 

Nous pique niquons donc à 16h (sachant que Ernest était outré que nous n’ayons pas encore déjeuner à midi 10…) !! C’est plutôt un goûter amélioré. On ne mange pas trop car on voudrait dîner pas trop tard en ville! 

Les enfants jouent pendant qu’on reste tranquille. Puis nous partons pour la médina de Chefchaouen à 15 min à pied à peine. Clairement bcp plus touristique que Tetouan. C’est sûr que c’est joli, tout en bleu, mais Tetouan faisait plus ville “normale”. C’est quand même très agréable de se balader dans les ruelles à la tombée du jour.

Après avoir fait un large tour, nous allons manger dans un petit resto. Tajine et couscous pour être originaux… ça ne vaut pas le tajine du camping à la ferme (ni le couscous de la cantine …) mais c’est quand même très bon! Et très apprécié après plusieurs repas pique nique : pita + thon à la tomate et dîner pâte au coulis de tomate 😅

Les enfants finissent par une glace ! Grand luxe.

De notre côté nous n’avons toujours pas bu notre première bière du séjour. J’avoue que le soir après l’effort cela manque un peu mais bon on s’y est fait. C’est des vacances santé bien être jusqu’à bout hahaha (dit celle qui se ruera sur la premier bière qu’elle trouvera…).

Nous  rentrons au camping, accompagnés d’un magnifique couché de soleil sur les montagnes. Les enfants se couchent sans demander leur reste. 

Nous devons élaborer la suite du parcours demain. Normalement nous restons sur place demain. Mais … la nuit peut encore nous faire changer d’avis !! En tout cas grasse matinée de mise demain