La nuit n’a pas été terrible ni pour Florian ni pour moi. Beaucoup de moustiques qui m’ont tourné autour et toujours la mauvaise toux pour Florian. Mais les garçons ont l’air d’avoir bien dormi (ils étaient tous les 3 dans une chambre et nous dans une autre).
À 7h30 les parties de baby-foot reprennent ! Ce matin le petit dej se fait attendre, on ne pourra pas partir bien tôt. Mais bon on est sur une étape plus relax normalement aujourd’hui (tout shuss vers la mer, mais presque 60 km quand même).
Le petit dej ressemble aux autres en moins garni. Pain, olives, huile d’olive, fromage frais et œufs au plat. Dès que nous avons terminé, nous filons. Nous n’aurons pas pu établir beaucoup de contact avec notre hôte…
Bon au moins on sait ce qui nous attend : la montée ultra raide dans les cailloux (descendue hier à bout de force). Là on est plein d’énergie. Chacun pousse son vélo et Abel et Ernest redescendent tous les deux pour monter la carriole à 2. Puis nous retraversons le village et arrivons en haut de la pente qui paraît encore plus raide qu’hier. Tout le monde s’élance. Perso c’est le genre de descente que je descends aussi lentement que je la monte. Les gars m’attendent tous en bas. Nous reprenons la route que nous avions laissée hier.
Et cette fois nous laissons définitivement le Rif derrière nous. Ce massif ne nous aura pas déçu, ni épargné ! Une superbe découverte en tout cas.
Nous roulons tranquillement dans ce qui est de la campagne plus traditionnelle maintenant. Le temps n’est pas au beau fixe aujourd’hui. Il fait chaud, moite, couvert. Ça sent l’orage. Mais on souffre moins de la chaleur qu’hier à la même heure.
Nous traversons une sorte de village, en fait plutôt une grande école sur le bas côté et en face quelques échoppes. Mais nous roulons au milieu d’une nuée d’élèves de tous âges. L’école doit rassembler tous les villages environnants comme celui où nous avons dormi. Les enfants se servent au puit pour boire de l’eau. Ils nous alpaguent en anglais ou en espagnol et sont trop contents d’entendre nos réponses. Mais cela se limite a “como estas ?” ou “Hello” …
Il y a aussi des ânes qui sont “garés” devant les échoppes en attendant d’avoir les sacoches remplies.
Nous repartons après avoir acheté 5 L d’eau. Et à la sortie de ce “village” nous voyons une station esssence. On se rend compte que nous n’en avions pas vu depuis la sortie de Chefchaouen. Presque 100 km en amont !!
La route continue à travers les champs et l’odeur d’olives est très forte car nous croisons 2-3 usines d’extraction d’huile.
Nous arrivons à la première grosse zone urbaine depuis Chefchaouen.
Ksar el Kebir est une vraie ville de campagne de taille moyenne. Ernest est subjugué. L’entrée de la ville est un peu “kitsch”. Ça lui plaît. Il me dit : “regarde les lampadaires sont en or, ça doit coûter une fortune!” Hahaha !!
L’artère principale grouille de vie. C’est assez marrant comme ambiance. Plein de gens sur la route, de voitures, de mobylettes, mais aussi des charrettes tirées par des hommes avec plein de fèves, de haricots ou d’herbes fraîches . Des cafés en enfilades , avec des épiceries intercalées (on ne peut pas entrer, on demande ce qu’on veut en montrant du doigt dans les étals). Nous nous arrêtons à un des nombreux cafés pour commander deux thés à la menthe et 3 jus d’orange frais (délicieux). Il n’y aucune femme à aucun café. Mais ça c’est une constante au Maroc.
Nous repartons après ce thé réconfortant. Je m’arrête à une des épiceries et montre du doigt ce que je veux: maïs, thon à la tomate, chips. Nous avons plein de pain du petit dej de ce matin. Vous l’avez compris on va encore se faire un festin ce midi.
Nous sortons de la ville. C’est épique mais nous commençons à maîtriser la conduite des marocains. Il faut s’imposer un point c’est tout. Abel et Ernest maîtrisent très bien la chose !!
Nous faisons quelques kilomètres et nous traversons une zone forestière. Nous décidons de nous y arrêter pour pique niquer. On s’éloigne à pied de la route pour être au calme. Traditionnelle pita au thon à la tomate pour Abel et Ernest, maïs pour Virgile et reste de pita au fromage frais de ce matin pour nous. Ça manque de fruits et légumes mais nous nous contentons de ça. Nous repartons peu de temps après.
Apres quelques minutes, Abel perd sa pédale en route !!! Pas pratique haha. Il la récupère sur le bord de la chaussée et petit stop technique pour la refixer.
À partir de là, nous passons sur une deux fois deux voies. On s’y attendait mais bon on avait espoir que ça reste la petite route calme que nous suivions depuis samedi. Ça roule pas mal. Enfin surtout nous étions dans notre bulle pendant les derniers jours (depuis Tetouan) avec très peu de voitures sur notre parcours donc là c’est un peu brutal. Le bas côté est correct, c’est déjà ça. Par contre le vent se lève en ce début d’après-midi (14h30) et le ciel s’est tellement assombri qu’on croirait qu’il fait nuit.
On se tape des bourrasques de sable. Pas très agréable. Entre la moiteur ambiante, la poussière et maintenant le sable… on ne se sent pas très propre.
C’est sympa le bas côté mais le problème c’est que c’est aussi la zone qu’utilisent les petites motos pour rouler à contre sens!!
Il y a vraiment de tout sur les routes. On ne s’ennuie pas juste à observer. Et surtout on ne se sent jamais de trop. En Europe on nous aurait déjà klaxonné plusieurs fois de manière véhémente ou en nous hélant pour nous dire que nous ne sommes pas prudents de rouler sur cette route. Ici nous sommes juste un véhicule parmi d’autres… et les Klaxons sont toujours pour nous saluer ! Ça rend l’affluence de véhicules plus supportable.
Nous parcourons ainsi les 20 km qu’il nous reste. On avance bien car pas trop de raison de s’arrêter. C’est tout de même assez fatigant, entre le vent, la circulation, la sable … et enfin nous arrivons à Larache (je parle de la ville, pas de notre état, même si en l’occurrence les deux coïncident je dirais !).
Évidemment la circulation s’intensifie mais la vitesse est réduite et nous nous imposons dans les ronds points et les intersections. Nous passons devant le camping sans nous y arrêter. Il est très loin du centre et a priori quasiment à l’abandon.
Nous arrivons au niveau du port et de la
Médina. Du coup on fait de nouveau une nuit chez l’habitant ce soir. Dans une des plus vieille maison de la médina. Le monsieur (assez âgé) qui nous loge est né dans cette maison qui était la maison de sa mère !
Florian ne fait pas de vieux os, il file chez le médecin car sa toux et son état général ne s’améliorent pas. Pendant ce temps c’est bain et devoirs pour les enfants. Florian revient rapidement, il a été pris en charge tout de suite. Il a une surinfection des bronches, son état n’allait pas s’améliorer de si tôt.
Nous partons dîner au port, au programme: poisson !! Nous mangeons dans un petit endroit qui ne paye pas de mine mais tout est délicieux. Mais j aurais vraiment bien accompagné ça d’une bière !!! Nous finissons la soirée par un tour dans la médina. C’est vraiment très chouette. Assez petite, très vivante, pas touristique … et nous tombons sur des crêpes 1000 trous. J’en prends pour les enfants en guise de dessert. Virgile dit “j’adore les trucs à 1000 trous”.
La fatigue se fait sentir, nous rentrons nous coucher.
En tout cas nous sommes charmés par Larache ! Demain nous devrions continuer sur la côte inch’allah… ils annoncent de la pluie et ce soir je suis trop fatiguée pour réfléchir !